Les dispositifs alternatifs à l’accueil en établissement
1. Les Services d'Éducation Spéciale et de Soins à Domicile (SESSAD, SSESD)
Les SESSAD (ou SSESD pour certains handicaps sensoriels) accompagnent les enfants et jeunes (0-20 ans) principalement dans leur milieu de vie : domicile, école, loisirs. Ils offrent un suivi éducatif, thérapeutique et pédagogique personnalisé, souvent en lien avec les établissements scolaires ordinaires.
En 2023, 84 000 jeunes étaient accompagnés par un SESSAD en France (DREES, Études et Résultats n° 1262). Les délais d’attente y sont parfois importants, mais ce mode d'accompagnement peut être moins vécu comme une “mise à l’écart”, tout en assurant un suivi de qualité.
2. Les dispositifs d’inclusion scolaire : unités externalisées et ULIS
-
ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) : Présentes dans environ 46% des collèges et 26% des lycées publics (source : DEPP, 2023), les ULIS permettent à des élèves avec handicap d’être scolarisés dans des classes ordinaires tout en bénéficiant de temps dédiés à leurs besoins spécifiques.
-
Dispositifs d’autisme à l’école (DAR, Dispositifs d’Accompagnement à la Réussite) : Des classes externalisées d’IME ou de SESSAD dans certains établissements scolaires renforcent la capacité d’accueil en milieu ordinaire tout en maintenant un accompagnement structuré.
3. Les solutions de droit commun avec appuis spécifiques
Si une place en établissement spécialisé fait défaut, l’insertion dans des dispositifs du droit commun – écoles, centres de loisirs, accueils périscolaires – peut s’envisager, à condition d’être adossée à des ressources complémentaires :
- AESH (Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap) : plus de 132 000 AESH en France en 2023 (source : Ministère de l’Éducation nationale), un pilier essentiel de l’accompagnement scolaire individuel ou mutualisé.
- Interventions de professionnels libéraux (ergothérapeute, psychomotricien, orthophonie) ou associatifs.
- Appels à des dispositifs de soutien parental, tels que les réseaux d’entraide locaux.
4. L’aide à domicile et les services prestataires
Les Services d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) – pour adultes en situation de handicap – et les Services d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH) proposent un accompagnement à domicile sur le volet social, éducatif et parfois médical.
À défaut de place en institution, ces professionnels accompagnent à l’autonomie, soutiennent l’accès aux droits, la recherche de solutions de logement, l’insertion professionnelle, etc.
5. L’accueil temporaire
En l’absence de place pérenne, il est possible de solliciter une solution d’accueil temporaire : établissements relais, séjour de répit, accueil de jour, etc. D’après la CNSA, 14 % des personnes vivant avec un handicap accèdent chaque année à au moins un accueil temporaire.
Ces formules, limitées dans le temps, servent à “tenir” avant l’admission en structure, ou à soulager momentanément les proches aidants.
6. L’habitat inclusif et les alternatives à l’institution
De plus en plus de solutions émergent en dehors des “murs” traditionnels, portées par des associations, des collectifs de familles ou des bailleurs sociaux :
-
L’habitat inclusif : logements partagés ou voisins, avec présence d’un accompagnement à la carte, souvent pour adultes. En 2023, la CNSA recensait 747 projets d’habitat inclusif en France, soit près du double par rapport à 2020.
-
Colocations accompagnées, foyers de vie innovants, tiers-lieux associatifs : souvent financés en partenariat avec les collectivités territoriales, ils offrent un autre modèle du “vivre ensemble”.