Ce que les compléments de ressources ne couvrent pas (et les questions qui fâchent)
Si ces compléments aident à préserver une forme de dignité financière, le calcul de leur montant interroge. Le montant cumulé AAH + MVA laisse subsister un « gap » significatif avec le seuil de pauvreté : en 2024, celui-ci est estimé à 1 158 € par mois pour une personne seule (Insee), alors que l’AAH à taux plein atteint 1016 €/mois + 104,77 € de MVA, soit 1120,77 €/mois. Difficile, dans bien des cas, d’assurer tous les frais du quotidien (notamment en l’absence de famille ou d’autres soutiens).
Autre point de débat : l’accès aux compléments par les personnes vivant en couple. Malgré de longues revendications pour une « individuation des droits », le calcul de l’AAH et donc de la MVA continue de prendre en compte les ressources du conjoint — une règle jugée injuste par nombre d’associations.
Enfin, à partir du 30 novembre 2029, la disparition définitive du « complément de ressources » supprimera cette majoration pour les personnes qui en bénéficiaient, sans compensation équivalente prévue à ce jour (loi du 23 mars 2019).