Parentalité, vie privée, capacité juridique : des droits toujours sous surveillance
En matière de vie privée et familiale, le droit protège la capacité juridique et le projet parental des personnes handicapées. La loi française rappelle qu’aucune mesure de protection ne peut, en principe, priver directement du droit de se marier, de fonder une famille, d’adopter, de reconnaître un enfant. Mais dans la réalité, des obstacles subsistent. Des familles témoignent parfois de la difficulté à obtenir la reconnaissance pleine et entière de leurs décisions parentales, notamment en cas de handicap psychique ou intellectuel.
Quant aux majeurs protégés, ils conservent le droit de consentir seuls à leur mariage (Code civil, article 460), sauf avis contraire du juge. La question de la stérilisation ou de la contraception non consentie a fait l’objet d’une condamnation de la France par la CEDH en 2021.
Pour les actes de la vie civile, la capacité juridique n’est plus supprimée systématiquement, mais exercée avec assistance ou représentation, dans le respect des volontés et besoins de la personne (réforme de 2007, loi du 23 mars 2019). Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté souligne que, dans certains établissements, le droit à l’intimité et à la vie affective doit encore être garanti (rapport CGPL 2022).